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20 aôut 1912, à Manaus, Brésil
"Bom dia!", je m'appelle Thiago et je vais vous raconter mon
histoire:
" C'était une belle journée d'été. Je venais d'avoir 20 ans.
C'était un 16 juillet 1910. La vie était dure en ces temps là. La sécheresse
sévissait dans le nordest, là où j'habitais. Je n'avais pas de travail. Je me
nourrisait des fruits de mon jardin. Ce jour là, un groupe d'hommes armés
jusqu'aux dents vint frapper à la porte de ma cabane. Ils voulaient me
proposer un emploi dans le seringal vila Paraiso. J'acceptai avec joie.
Mais pour aller au seringal, je devais payer mon voyage ainsi que mes outils
et quand j'arrivai à bon port, j'étais endetté jusqu'au cou. Mais je ne
faisais pas attention car en acceptant le métier de seringuero (ouvrier qui
travaille le caoutchouc) on m'avait promis de l'argent, de la nourriture, de
l'eau et un logement.
Je m'émerveillais devant la beauté de la maison du patron (seringualista)
et de sa famille. Le confort et l'élégance y étaient associés en plein
milieu de l'Amazonie. Plus tard j'appris par une servante qu'ils importaient
leurs meubles d'Europe ainsi que leur objets et accessoires et qu'ils avaient
tellement d'argent qu'ils envoyaient même laver leurs vêtements à Londres... Mais moi je n'avais qu'une petite cabane dans la forêt
que je devais partager avec les autres ouvriers.
Mon travail consistait à extraire le latex de l'hévéa (aussi appelé
coutchou-coutchou par les Indiens) en y faisant une entaille. Je récupérais
alors le liquide à l'aide d'un gobelet. Lorsque j'obtenais assez de liquide je
le versais dans un seau et me dirigeai vers le "tapiri de defumação da
borracha". Là on mettais en forme une boule de caoutchouc en durcissant le
latex à l'aide de la fumée qui s'émanait d'une cheminée. Puis je devais
laisser reposer la boule en la soulevant pour enlever l'humidité et en même
temps du poids. Une fois fini, je le faisais peser au commerce de seringal et
récupérais mon gain (cela pouvait être de l'argent comme de la nourriture).
J'avais des amis qui s'en sortaient financièrement et qui voulaient partir
mais une fois dehors ils se faisaient voler par des brigands et devaient revenir
travailler. Je sus bien plus tard que ce n'étaient pas des brigands mais la
milice du patron qui faisait cela pour nous empêcher de nous enfuir.
De nombreux travailleurs mourraient de piqures d'animaux, du paludisme, de la
sous-nutrition ou étaient tués par les Indiens.
Vers 1912, j'appris que des anglais avaient réussi à voler des graines de
caoutchouc et en avaient planté en malaisie. 4 ans plus tard, le commerce du
latex en Amazonie s'est effondré à l'inverse de la malaisie dont les prix du
latex étaient plus avantageux.
On me renvoya du seringal et je retournai dans ma cabane épuisé par le
travail"
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Pour commencer, on extrait la seve de l'évéa |
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la sève est chauffée, et devient dure |
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on en fait un balot |
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la boule de caoutchouc est prête |
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les outils du séringaliste |
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